Après grand c’est comment ?

Après grand c’est comment ?
Texte de Claudine Galea / Editions Espaces 34

Mise en scène : Muriel Coadou
Avec : Patricia Gattepaille, Nathalie Ortega, Gilles Chabrier puis Christophe Serpinet, Andréa le Goff, Grégoire Béranger
Scénographie : Bertrand Saugier. Construction en collaboration avec les élèves de l’ENSATT (Lyon)
Costumes : Emily Cauwet et les élèves du DMA (Lyon)
Lumières : Hubert Arnaud
Son : Magali Burdin
Composition musicale : Grégoire Béranger

Production : Collectif7
Coproduction : Décors et Costumes Opéra-Théâtre de Saint-Etienne
Partenaires : Centre Culturel de la Ricamarie Scène Régionale, Théâtre de la Buire à l’Horme, le DMA Costumier- Réalisateur, Lycée la Martinière-Diderot / Lyon, les élèves de 2ème année département scénographie, ENSATT( Lyon)
Avec le soutien de Coating développement, Cometac, Shulung, Repro Concept
Remerciements : La Comédie de Saint-Etienne, Cie Scènes, Imprimerie Fot, Denis Fruchaud, Antoine Choumoff, Angèle Mignot et Bernard Dessault du DMA
Collectif7 est soutenue par la Ville de Saint-Etienne, le Conseil général de la Loire, la Région Rhône Alpes, la DRAC et la SPEDIDAM sur ce projet.
Production Collectif7 2012-2013.

Abreuver exclusivement les enfants de connaissances académiques dans le souci d’en faire des adultes efficaces, armés pour l’avenir, revient à faire d’eux des « enfants-esclaves », du désir de leurs parents d’abord, d’une société prônant la rentabilité ensuite. C’est déjà leur imposer la frustration de l’imaginaire et du rêve, et les engager dans une impasse. Nous sommes tous nés sur cette Terre et nous y mourrons tous.
Entre les deux n’avons-nous qu’une seule façon de vivre, qu’un seul chemin ? Ne devrait-il pas y avoir autant de chemins que d’êtres humains ? Survaloriser le travail est-il juste ? L’uniformisation est-elle obligatoire ? N’avons-nous pas le droit à la différence ? Explorateurs du monde par l’intermédiaire de leur propre « ressenti ». N’est-ce pas grâce à la créativité de ces futurs adultes à qui l’on aura laissé du temps pour rêver, que la société sortira de l’impasse actuelle et trouvera ses modalités de changements ? Nous devons lutter contre les grands lorsque nous sommes petits et lutter contre nous même lorsque nous sommes grands pour gagner des moments pour nous-même!
« Si le bonheur absolu n’existe que dans l’épilogue des contes de fées, les frustrations inévitables imposées par l’existence peuvent trouver un exutoire et une résolution temporaire dans les fantasmes ». C’est en ce sens que nous avons un besoin impératif de rêverie qui, si elle est bien dosée et bien intégrée, n’affectera pas le rapport à la réalité extérieure mais contribuera au contraire à l’enrichir… Il est urgent de ne pas laisser le monde imaginaire devenir la spécialité de certains, créant un univers identique pour tous, au détriment de l’imaginaire original de chacun. » « Papa, maman, laissez-moi le temps de rêver », Etty Buzyn Un voyage poétique plus qu’une fable avec un début, un milieu et une fin. De la musique en direct comme véhicule des émotions les plus fortes. Toy piano, guitare, accordéon, ukulélé, maracas… Une scénographie de papier (sorte de pop up géant) pour dire notre état « passager », éphémère, une maison qui s’envole, celle de notre enfance ? Une structure qui se dévoile, qui se met à nu. Comme un squelette. Des poils de pinceaux, de la peinture rétro projetée accompagnant les états de Titus. Cet enfant est un enfant sans pathologie particulière. C’est un enfant qui peut surprendre. Un enfant qui abandonne sa peau, sa mue, pour rêver à sa guise. Une mère et un père qui se débattent avec la réalité, le quotidien… et s’il suffisait d’ouvrir les yeux et de prendre du recul pour trouver le temps de s’allonger dans l’herbe sans culpabiliser… Le public, le musicien et la peintre comme complices de Titus et de son imaginaire. Une tentative d’envolée…
Muriel Coadou

« Ils sont SERRUROUILLÉS, les Grands.
Leur bouche a mangé leurs oreilles.
Et leurs yeux.
Et leurs mains. Et leur coeur. Et leur temps.»

« Au départ, il y a un album, Au pays de Titus, avec l’illustratrice Goele Dewanckel, paru aux éditions du Rouergue. Un grand livre pour les petits. Muriel Coadou se passionne pour ce livre et nous nous rencontrons. De fil en aiguille, au gré de nos échanges, je décide d’écrire la version théâtrale. Non pas une adaptation mais une histoire de Titus pour la scène. De développer le monde de cet enfant, un petit garçon qui ne parle pas beaucoup mais qui voit et entend des choses que dans le monde des Grands, un monde précipité, on ne perçoit plus. Le théâtre a ce pouvoir magique de faire parler les objets, les éléments, les animaux, les rêves, les voix intérieures, tous ces personnages qui, chez Titus, existent pour de vrai et sont les fondations d’une vie curieuse des autres, ouverte à la nouveauté. Une vie sensible, rieuse, et combative aussi, car pour être soi-même, il faut oser affirmer son point de vue, sa façon d’être et de voir le monde. Du haut de ses sept ans, Titus observe la vie et ses contradictions. Entre lui et les Grands ce n’est pas toujours simple, mais si Titus grandit un peu et si les Grands n’ont pas réponse à tout, le monde découvrira ses mystères et ses questions. » Claudine Galea
Télécharger le dossier de « Après grand c’est comment? » de Claudine Galea

«Je vais dans des pays pas sages, des pays de mon âge, des pays paysages, je voyage dans un livre d’images». Ainsi va Titus, du haut de ses 7 ans. Dans une autre dimension. Pas celle des adultes, toujours en quête d’efficacité, qui prévoient, organisent, étiquettent, catégorisent, filtrent tout à partir de leur quotidien. Lui veut encore rêver son monde, coûte que coûte. Prendre le temps, le perdre disent les grands. Alors «il nuage, il papillonne, il tonnerre» . Bref, un gamin, pas plus inquiètant qu’un autre ! Mais son mutisme souriant dérange les grands, les fait sortir de leurs gonds. Et, au final, il les ramène à eux-mêmes, à leur ambivalence, à cet enfant qui est en eux. Cet enfant qu’ils ont oublié et qui leur fait peur. Mais qu’ils finissent par accepter : Titus a gagné !
Collectif7 crée là un spectacle optimiste, positif, débordant de poésie. Innovant aussi par sa mise en scène signée Muriel Coadou. Dans une forme qui se feuillette comme un livre d’enfant. «Après grand c’est comment?» un spectacle coloré et poétique pour prendre le temps de respirer. Pour tous les enfants, du CP à ceux qui veillent en chacun de nous.
«Quand un enfant fait se questionner les adultes»
Par Jean-Marc Juge / La Tribune – Le Progrès du 24 mars 2013

8ème Festival Ré-Génération
Petits et grands petits au TNG
Onze compagnies, espagnoles, italiennes, allemandes, québécoises, française…une trentaine de représentations de spectacles de théâtre, danse et marionnettes…
Après grand c’est comment ?, un texte de Claudine Galea, bien ficelé, mis en scène par Muriel Coadou pour le Collectif 7, une compagnie rhônalpine, et coproduit par l’Opéra Théâtre de Saint-Etienne.
C’est une invitation au rêve et à l’imaginaire pour grands, parents essoufflés dans une vie frénétique et incapables de se plonger dans la psychologie d’un enfant, Titus, sept ans, sollicité au réalisme et au rendement scolaire par eux et ses maitres. On a ici une construction scénographique de Bertrand Saugier, astucieuse et poétique, qui s’agence avec la musique, le son et les lumières, pour créer une atmosphère onirique, légère et raffinée, tandis que le jeu très sensible et subtil des comédiens nous engage à porter un regard différent sur notre contemporanéité tristounette et conformiste, boulot dodo, qui ne sait plus comprendre l’innocence et les rêves enfantins.
BELVEDERE / N°27 / JANV 2014

Rafraîchissant
C’est une jolie histoire que nous raconte le Collectif 7, pour apprendre aux adultes à prendre le temps de laisser grandir les enfants …
Tout se passe dans un univers de toiles blanches, comme un village de tentes ou un livre pop-up, vous savez, ces livres qu’on déplie et d’où surgissent des châteaux ou la queue du chat quand on tire la languette, un décor qui  surprend par ses multiples fonctionnalités et possibilités. À mesure que les techniciens le déploient, s’ouvrent des portes, des trappes, des escaliers sur lesquels les comédiens montent et descendent (ce sont donc de vrais escaliers, pas des tissus mous). On imagine des pièces, chambres ou salon, puis ils tirent des fils qui descendent, à vue, des découvertes et, hop, tout rentre dans une surface plate… Ces toiles sont encore des pièges à ombre qui permettent de jouer avec des silhouettes, des arrière-plans, et donc d’écouter aux portes, de découvrir des secrets…
Cet univers a une raison d’être dont Muriel Coadou, la metteuse en scène, sait admirablement tirer parti : c’est la maison de Titus, âge indéterminé même si l’auteur, Claudine Galea, lui donne officiellement 7 ans. Et dans cette maison où tout le monde court tout le temps (tout le monde, ce sont ses parents, toujours pressés, toujours en retard, toujours mécontents), Titus se cache pour rêver. Il s’est inventé une cachette sous l’escalier pour bavarder avec ses voix intérieures, des personnages imaginaires qui comprennent tout, prennent le temps, ne parlent pas de devoirs, de repas, d’heures ni de minutes. Et même au début du spectacle, il est enfoui tel une huître dans sa coquille dans une sorte de cocon que personne ne voit.
C’est un spectacle réjouissant et rafraîchissant, même si le début de l’histoire met en scène des parents bien peu attentifs et un enfant perdu en lui-même. Le petit Titus a beau jouer tout seul, s’inventer des vies et poser des questions trop enfantines pour ne pas être philosophiques, il a beau parler par métaphores poétiques, chanter aussi, rire tout seul de tout et de rien, on ne voit pas ce qui le pousserait à grandir si personne ne lui répond…
Ce sont ses personnages de fiction qui vont jouer les entremetteurs après que le médecin appelé à la rescousse s’est contenté de pousser de hauts cris et de prescrire tout un arsenal chimique. En bref, y aura laissé son latin et aura explosé en vol comme un ballon de baudruche. Peu à peu, les parents de Titus vont prendre un peu de temps, décélérer,
se mettre à hauteur d’enfant et écouter. Et Titus va se mettre à sortir de sa coquille et à grandir… ?
LES TROIS COUPS.COM / par Trina Mounier / mardi 14 janvier 2014

Théorie de la relativité
Que l’on soit adulte ou enfant, le temps n’a pas la même valeur. Après Grand c’est comment ?, le spectacle jeune public de la compagnie stéphanoise collectif 7, interroge sur cette quatrième dimension par le prisme du protagoniste Titus. Deux mondes parallèles coexistent : celui des petits et celui des grands.
« Je nuage avec les nuages, Je papillonne avec les papillons, Je tonnerre avec le tonnerre. » Le texte de Claudine Galea est explicite : l’enfance est la période pleine de poésie, où tout est regardé, appréhendé, goûté avec une attention absolue. Le temps est à l’image de l’univers, en expansion. Tandis que l’adulte a le regard porté constamment sur l’horloge et agit en automatisme face aux événements se succédant à la minute près, suivant un plan de vie que l’on sait fixé.
Après grand c’est comment ?, dont la mise en scène est brillamment signée par Muriel Coadou, nous fait replonger dans ce temps de l’enfance en chansons et en musique (live). Nous suivons alors Titus, petit garçon vivant avec ses parents. Ces derniers, stressés par le quotidien et la routine, sont toujours à le bousculer, à le précipiter. On s’aperçoit bien vite qu’être grand c’est avoir perdu l’habitude de rêver. L’avoir même oublié au point d’être agacé, inquiet, de ne pas comprendre pourquoi son enfant « se perd » dans le jeu et les songes.
La scénographie et la mise en scène sont très ingénieuses, et ouvrent l’imaginaire de tout spectateur. Le jeune public adore, il est d’ailleurs rare de voir autant une salle réagir et participer à un spectacle. Il faut dire que la distribution est impeccable avec des acteurs très généreux.
L’ESSOR Loire par Florence Barnola / JEUDI 13 FÉVRIER 2014

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